Guy de Maupassant, Chroniques Politiques

" La seule chose que haïssent tous les hommes, en religion comme en politique, c'est la véritable indépendance d'esprit"

jeudi 1 avril 2010

Régionales: une victoire en trompe-l'oeil

La gauche rassemblée a triomphé lors des récentes élections régionales. Certes! Nicolas Sarkozy est au plus mal dans les sondages qui vont jusqu'à donner Martine Aubry gagnante des présidentielles en 2012, et la droite est en déconfiture, au bord de l'implosion. Très bien!

Est-ce pour autant l'assurance d'un succès des socialistes en 2012? À en croire les médias qui ne cessent d'annoncer Sarkozy et la droite au bord de la banqueroute politique et Martine Aubry, ou plus largement le PS, au firmament dans les sondages et dans le coeur des Français on pourrait penser que oui.

Désolé de venir jouer les troubles fêtes mais il est évident que rien n'est écrit par avance, et certainement pas une victoire de la gauche en 2012! Si cette victoire est encourageante et le divorce entre Sarkozy et le peuple évident, le chantier de la reconquête est plus que jamais à entreprendre pour le PS et ses alliés.

Si nous assistons à une poussée notable du vote à gauche par rapport aux dernières présidentielles, bon nombre de présidents de régions socialistes doivent leur (ré)élection à une triangulaire avec le FN dont l'électorat est en très grande majorité un électorat de droite. C'est le cas en PACA où Michel Vauzelle est réélu avec seulement 44,11 % des voix, quand la droite (UMP et FN) fait 55,89 % !

21 présidents de gauche ne signifient pas 21 régions de gauche!

Oui sur le plan national la gauche l'emporte largement avec près de 55% des suffrages. Mais en tirer des conclusions trop hâtive pour 2012 risque de nous replonger dans la situation de 2007, 3 ans après l'écrasante victoire des régionales de 2004.

Si nous voulons reconquérir le coeur des Français, et notamment l'électorat populaire nous devrons nous montrer crédible sur tout un tas de sujets que nous avons beaucoup trop traité de façon superficielle ces dernières années: sécurité, logement, emploi, pouvoir d'achat, retraite, éducation,... Il est temps pour le PS de se mettre au travail sur ces sujets, et de proposer aux Français une réelle alternative à la politique du gouvernement. L'anti-sarkozysme n'est pas un projet !
Nous devons faire la preuve de notre capacité à réformer dans le bon sens le pays. Pour cela nous devons rejeter le conservatisme dont nous faisons preuve sur chaque réforme entreprise par le gouvernement.

Protester c'est bien, proposer c'est mieux!

Reconnaître la nécessité de réformes, ce n'est pas soutenir les réformes du gouvernement.  L'opposition systématique du PS face aux réformes gouvernementales s'apparentent trop à du conservatisme.  Face aux réformes de casse sociale, proposons aux français des alternatives.

Quelle réforme territoriale proposons nous face à le re-centralisation qu'opère le gouvernement ? Aucune, pourtant la question se pose parfaitement. La désaffection et le désintérêt des électeurs aux régionales montrent la nécessité d'une clarification du rôle des collectivités.
Sur les retraites que proposons nous à part un communiqué du bureau national s'arc-boutant sur l'âge légal de la retraite à 60 ans, alors que nos concitoyens attendent des réponses sur le montant des pensions et des cotisations, sur l'emploi des séniors, la prise en compte de la pénibilité, l'entrée plus tardive des jeunes sur le marché du travail... La question est la même sur tous les grands sujets.

Il est temps que le PS se saisisse de tous ces débats qui intéressent les Français pour opposer aux projets de régression sociale du gouvernement des projets concrets et réalistes pour tendre vers une société plus juste et plus solidaire! N'ayons pas peur du débat et des oppositions internes que nous pourrions connaître face à une droite divisée où l'invective se substitue au débat.

Mettons-nous au travail, débattons, construisons et proposons aux Français un projet fédérateur, fondé sur les bases de la social-démocratie et de l'écologie politique et plus que jamais ALTERNATIF.

L'obsession de l'alternance ne doit plus nous détourner de la nécessité d'une alternative.

Au boulot!

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