Il était notamment administrateur de journaux soupçonnés de collusion avec l'ennemi et allemand, et vota, en tant que sénateur, les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain le 10 Juillet 1940...
Or, aujourd'hui Mr Burle tente de réhabiliter la mémoire de ce collabo en mentant par ailleurs sur son parcours politique comme le prouve le carton d'invitation à la cérémonie d'inauguration, omettant ainsi la condamnation de celui-ci et son incarcération à la libération.
On ne peut donc que déplorer cette nouvelle preuve que l'UMP n'a plus rien d'un parti réplubicain et se rapproche chaque jour un peu plus de l'extrême droite.
Ci-joint le communiqué de l'association Jean Zay:
Association Jean ZAY en Provence – Pédagogie, Mémoire et Histoire
Déclarée à la sous-Préfecture d'Aix-en-Provence le 22 septembre 2008 sous le N °W131004415
SIREN 509 164 737 – SIRET 509 164 737 00017Membre de l'ULAC - UFAC Aix-en-ProvenceMembre du C.A. des Amis du Musée virtuel de la Résistance en PACA 1940-1945169 Domaine Les Michels, 13790 PEYNIERTel: 04 42 53 07 06. FAX : 04 42 53 07 88Courriel: asso.jzp@club-internet.frCe 15 août 2010 - Mémoire du 15 août 1944:Les élus de la République, les populations, les associations d'anciens combattants commémorent la Libération de leurs communes par les armées alliées aidées par la Résistance unie.
C’est le moment choisi par le maire de Peynier pour inaugurer une statue de Vincent Delpuech malgré un lourd passif politique.
Tandis que les résistants à l’occupant forment le bataillon de Provence et pourchassent l’occupant nazi, Vincent DELPUECH est incarcéré le 26 août 1944 à Marseille comme prisonnier politique sous le n° 242. Le jugement du Jury d'honneur du 19 décembre 1945 était pourtant très clair au sujet de Vincent DELPUECH, qui resta sénateur maire de Peynier pendant toutes les années noires de l'occupation. Suite à ses demandes répétées et à ses nombreuses relations, un deuxième jugement le 26 octobre 1946 le rendait certes à nouveau éligible, mais soulignait que "le fait d'avoir été pendant l'occupation administrateur de journaux .../... continue à figurer à son passif sur le plan politique".
Ce jugement a été émis par le président René CASSIN, juriste aixois, Résistant dès 1940, père de la déclaration universelle des droits de l'Homme et prix Nobel de la Paix en 1968.
On ne saurait être plus clair.
Pourtant Christian BURLE, maire de Peynier vient de lancer des cartons d'invitation, au milieu des vacances d'été, annonçant qu'un buste de Vincent DELPUECH sera inauguré dès le 4 septembre dans le village ! ... En présence de Monsieur Jean-Claude GAUDIN, Maire de Marseille et Vice président du Sénat.
Pourquoi cette tentative de réhabilitation 44 ans après sa mort? Le prestige du Sénat ne sortira pas grandi de cette inauguration, et certains anciens combattants risquent d'entrer à nouveau en Résistance.
Le carton d'invitation présente Vincent DELPUECH comme "Maire de Peynier de 1934 à 1965, Sénateur des Bouches-du-Rhône de 1939 jusqu'à sa mort en 1966". Ceci est doublement inexact et occulte entièrement les années d'occupation.
1°) Vincent DELPUECH n'a plus été maire de Peynier pendant 8 ans, entre 1945 et 1953.
En effet, après les années noires de l'occupation pendant lesquelles Vincent DELPUECH était Maire de Peynier, grand ami de Pierre LAVAL, journaliste, administrateur de plusieurs journaux dont "Le Petit Provençal" et " L'Œuvre" de Marcel Déat, il a été incarcéré le 26 août 1944 à la Libération comme prisonnier politique sous le numéro 242 et inculpé par la Comité d'Epuration des Bouches-du-Rhône.
Les ordonnances du 21 avril 1944 lui furent appliquées. Le Ministère de l'Intérieur demandait aux Commissaires Régionaux d'examiner la situation de chaque conseiller municipal et préconisait que "le Préfet écarte, après avis du Comité Départemental de la Libération, tout membre ou ancien membre d'une municipalité dont l'attitude au cours de l'occupation est restée trop passive, et qui, étant donné ses responsabilités dans la commune, a ainsi favorisé le dessein de l'ennemi ou de l'usurpateur".
C'est ainsi que l' "Assemblée municipale rétablie" de la commune de Peynier en 1945 ne comprenait plus le nom de Vincent DELPUECH, éliminé par le Préfet. Ce n'est que le 26 avril 1953, huit ans plus tard, que Vincent DELPUECH redevint maire de Peynier suite au désistement de Henri Lombard.
On ne peut pas passer cette période sous silence.
2°) Vincent DELPUECH n'a plus été sénateur pendant 10 ans, entre 1945 et 1955
Du fait de son vote positif du 10 juillet 1940 et des pleins pouvoirs accordés à PETAIN, supprimant ainsi la République et suspendant les Assemblées, Vincent DELPUECH est devenu inéligible après la guerre, et cela a été confirmé par le Jury d'Honneur du 19 décembre 1945, présidé par René CASSIN.
Les termes de ce jugement du 19 décembre 1945 étaient plutôt accablants (J.O. du 10 janvier 1946): "Considérant que l'intéressé a été pendant l'occupation administrateur de journaux considérés comme ayant servi les intérêts de l'ennemi; que, par ailleurs, rien n'établit qu'il ait traduit en actes de résistance ses sentiments antigouvernementaux, DECIDE: Mr. DELPUECH (Vincent) reste soumis à l'inéligibilité prévue par l'article 18 de l'ordonnance du 21 avril 1944, modifiée et complétée par l'ordonnance du 13 septembre 1945"
Ce n'est qu'un an plus tard le 26 octobre 1946 que Vincent DELPUECH obtint une deuxième comparution devant le Jury d'Honneur, qui lui permit d'être finalement relevé de son inéligibilité. Mais René CASSIN souligne dans son jugement que "le fait d'avoir été pendant l'occupation administrateur de journaux .../... continue à figurer à son passif sur le plan politique".
On ne peut être plus clair: Ces paroles sous la plume de René CASSIN (J.O. du 22 novembre 1946) montrent à quel point le rôle et les actes de Vincent DELPUECH restent discutables.
Ce n'est qu'aux élections sénatoriales du 19 juin 1955 que Vincent DELPUECH, aidé par son réseau de relations et la grande fortune qu'il avait amassée, est élu "sur quotient". On ne peut pas passer cette période sous silence.
La décision récente de Monsieur Christian BURLE d'élever un buste à cette personne a provoqué ici la consternation dans une grande partie de la population de Peynier. Cette initiative réveille les souvenirs douloureux des années noires de l'occupation, du marché noir, de la corruption, et divise la population qui s'était remise de ses querelles intestines liées à l'occupation.
Les actes et les écrits de Vincent DELPUECH ne valent certainement pas qu'on lui élève aujourd'hui une statue.
L' "Association Jean ZAY en Provence, Pédagogie, Mémoire et Histoire" reste vigilante pour la défense des valeurs républicaines.
Pour l'Association Jean ZAY en Provence, Pédagogie, Mémoire et Histoire
Jacques MISGUICH, Président; Marie-Nicole PAYET, Trésorière



